Perdue dans les flots


Lorsque vous marchez autour de Bomere Pool (pool est un lac – ndt), couvrant vos oreilles avec vos mains pour atténuer le rugissement des bateaux à moteur qui affluent ici aujourd’hui, n’ayez pas la nostalgie des anciens beaux jours.

Certes, il y en eut de beaux mais il y en eut également de mauvais. Si vous restez immobiles, vous pouvez presque ressentir la souffrance et la tristesse dans l’air environnant ce lac.

Il y a longtemps, très longtemps, s’étendait à Bomere une grande ville impie. Ses habitants s’adonnaient au péché et on dit qu’il était impossible d’y voir accomplie une saine action.

Un jeune soldat romain qui s’était converti à la foi chrétienne arriva à la ville. Lorsqu’il vit comment les citoyens vivaient, il fit le serment de les guider vers le chemin des justes.

Le soldat était plein de dévotion et sa foi était grande mais il avait beau essayer, il ne réussissait pas à convaincre les pécheurs. Aucun, excepté une personne, la jolie fille du gouverneur. Elle l’observait tandis qu’il s’activait résolument à sa mission, fascinée au début, puis transportée, au fur et à mesure que le temps passait.

Sa beauté ne lui avait pas échappé non plus, à lui, et, petit à petit, ils tombèrent amoureux l’un de l’autre, mais hélas, cela ne devait pas durer.

Le jeune homme vit en rêve le destin de la ville ; il s’y précipita pour sauver son authentique amour.

C’était la veille de Pâques et le jugement allait être rendu. Caer Caradoc, au sud, se fendit sur un côté et projeta sa lave pour engloutir la ville. Puis il eut une autre irruption mais cette fois, un raz de marée dévasta les maisons, étouffant les flammes mais noyant la métropole et tout ce qui s’y trouvait.

Notre héros arriva trop tard et il eut beau crier ou chercher sa bien-aimée de ses yeux apeurés, tout était perdu.

On dit qu’il mourut de douleur et que, lorsqu’on va au lac Bomere à la veille de Pâques, on peut encore le voir. Il peut être dans un canot ou marcher dans les bois mais son fantôme grisâtre ne cessera jamais de chercher son amour perdu il y a si longtemps.



Bomere Pool

photo: Gordon Dickins
Le lac Bomere est l’un de ces endroits où on peut se sentir troublé. Il est imprégné d’une atmosphère qui semble crier que de nombreux mystères hantent ses profondeurs. Les gens d’ici vous diront que le lac est sans fond.

Aujourd’hui, le lac est un endroit aux aspects changeants. Comme l’histoire le mentionne, il est utilisé par les bateaux à moteur tirant des skieurs nautiques et peut s’avérer bruyant et fatigant. Il y a quelques années, se trouvait une auberge au sud du lac qui permettait à la clientèle de se distraire en regardant les cabrioles aquatiques des skieurs. Malheureusement, les affaires ne semblent pas avoir été suffisamment florissantes et aujourd’hui, les bâtiments ont été transformés en appartements.

Les gens qui habitent aux abords directs du lac semblent davantage apprécier leur isolement que le droit d’accès au public. Le lac peut se révéler assez hostile pour les promeneurs et randonneurs. Alors, restez sur les chemins et emportez toujours une carte avec vous afin de veiller à toujours rester sur les chemins officiels.

La muse de Bomere

Le lac Bomere représentait certainement l’idéal pour Sam Mere, le personnage de Mary Webb, dans son roman Precious Bane (Sarn). Mary Webb vivait tout près, sur Lyth Hill et elle a dû passer maintes heures à scruter les profondeurs du lac, à l’époque où il était beaucoup plus calme qu’aujourd’hui.

Créé de la Glace

Cette région du Shropshire était couverte d’une couche de glace lors de la dernière ère glaciaire, il y a environ 18 000 ans. Lorsque la glace commença à se retirer, de larges blocs de glace se trouvèrent isolés, souvent entourés et couverts par du sable, du gravier et de l’argile déposés par le glacier principal. Lorsque la glace fondit finalement, les sédiments s’affaissèrent, créant de grands trous ou dépressions appelés ‘Kettle Holes’ ('Chaudrons'). Ces trous n’étaient pas perméables. Ils se transformèrent en lacs aux bords escarpés (appelés Meres (marais) dans le Shropshire) ou, lorsque le lac est complètement rempli d’argile et de tourbe, il devient marécage ou tourbière. Le lac Bomere est un bel exemple de marais chaudron.

Les Habitants du Passé

A seulement 800 mètres à l’ouest du lac, il y a un autre chaudron, mais celui-ci ne s’est pas transformé en marais. Il s’est rempli de gravier, de tourbe et d’argile. Cette carrière était exploitée pour son gravier. Un soir de septembre 1986, Eve Roberts promenait ses chiens lorsqu’elle vit de grands os dépassant de l’argile. Elle avait découvert les célèbres mammouths laineux du Shropshire, pas uniquement les ossements d’un seul animal mais d’une femelle et de trois jeunes mammouths (deux âgés de quatre ans et un de six ans).

Ces animaux avaient certainement dû sillonner cette zone à la recherche de nourriture et ils avaient dû être attirés par la luxuriante végétation du chaudron marécageux. Une fois dans le trou, les bords à pic ont dû les empêcher de remonter. Lors de la dernière ère glaciaire, les limons et la tourbe ont dû recouvrir leurs os, les préservant ainsi jusqu’à nos jours.

Les derniers Habitants

A l’extrémité sud-est du lac, il y a un tumulus qui est probablement un vestige de la sédentarisation, à l’Age de Fer.

Bouleaux Argentés

Autour du lac, poussent de nombreux bouleaux argentés (Betula pendula) représentés sur l’image. A la Pentecôte, on avait coutume dans le Shropshire de décorer les églises de rameaux de bouleaux argentés. De nombreux bouleaux servant à décorer les églises locales étaient probablement cueillis autour du lac Bomere. Les rameaux étaient attachés au dos des bancs et leurs feuilles frémissaient au moindre souffle dans l’église. On pense que ceci symbolisait l’impétueux et puissant vent, lorsque le Saint-Esprit descendait sur les Apôtres.

Le Soldat Romain

Le soldat romain de l’histoire aurait certainement été en garnison à Viroconium, toute proche, une ville romaine à Wroxeter. Vous pouvez en apprendre plus sur Viroconium dans les pages ‘la Cité Disparaissant'.

Caer Caradoc

Caer Caradoc est une grande colline au sud, vers Church Stretton. Elle est surmontée d’un fort de 2,5 hectares. La vie devait y être bien lugubre mais cet endroit était très sûr. C’est l’un des lieux où le chef celtique, Caratacus, peut avoir résisté à l’invasion des Romains pour la dernière fois. Il y a une grotte connue sous le nom de ‘Caratacus' Hole’ (Trou de Caratacus) où ce denier est censé s’être caché de ses ennemis après avoir perdu la bataille.




Translation: Euro Langues Assistance & Tradufrance

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