La ville perdue



Même nous, qui vivons près de la vieille ville, ne pouvons vous dire pourquoi cela arriva.

On dit que le Camelot d’Arthur fut construit là au départ des Romains mais je ne peux vous l’assurer. Tout ce que je sais, c’est qu’avant l’arrivée de l’an 600 la ville était vide. Aucun notable n’y demeura pour la garder.

La ville tout entière était abandonnée et les gens peuvent dire que nous avons volé les pierres, les briques et les ardoises, mais nous, nous savons mieux. Demandez à quiconque dans les environs s’il a pris ne serait-ce qu’une miette. Je vais vous dire sa réponse - ‘Non’, dira-t-il.

Car ce que nous pouvons vous dire, c’est que les moineaux l’ont prise. Des oiseaux en grand nombre arrivèrent. Ils se perchèrent tout autour, il en vint de plus en plus.

Il en arriva des nuages au crépuscule, ils se posèrent sur les toits de la vieille ville. Ils becquetaient les tuiles, ruinant le mortier, c’était à ne pas croire. Au matin, tout ce qui restait, c’était ce morceau de vieille construction que vous pouvez voir aujourd’hui.

Nous savons que ce sont eux, les moineaux, nous les avons vus de nos propres yeux.



Viroconium

Wroxeter est le site où se trouvait la quatrième plus grande ville romaine de Grande-Bretagne, Viroconium. La ville fut fondée entre l’an 58 et l’an 75 de notre ère, à l’emplacement d’une forteresse légionnaire dont la garnison marcha par la suite vers le nord, à Chester. Très rapidement, la ville s’agrandit pour devenir une grande cité animée.

La Vieille Construction

Le plus grand mur restant est appelé la ‘Vieille Construction’. La Vieille Construction faisait partie d’une salle de gymnastique couverte pour baigneurs. La maçonnerie a résisté aux siècles de désagrégation et de pillage médiéval. Au niveau du sol, on peut toujours voir ça et là les ruines de la majeure partie du complexe thermal.

Le déclin et la chute

A partir du 2ème siècle de notre ère, il y eut un déclin progressif. Les bains principaux cessèrent d’être utilisés autour de l’an 300, tandis que des bains subsidiaires plus petits étaient utilisés à leur place. Petit à petit, la ville se désintégra jusque vers 400 où il y a trace de travaux de reconstruction. Au 5ème siècle, les Romains se retirèrent de la Grande-Bretagne. Les Britanniques restèrent probablement dans la ville pendant quelques temps. On ne sait pas quand la ville fut définitivement abandonnée, il n’y a aucune trace d’un incendie ou d’une autre catastrophe. Des blocs en grès provenant des fondations romaines ont été trouvés dans les parties les plus anciennes de Wroxeter toute proche, les églises d’Atcham et d’Upton Magna. Ainsi, vers la fin du 9ème siècle, la ville semble n’être qu’une source pour les matériaux de construction. La Vieille Construction était probablement incorporée dans une grange agricole et c’est pourquoi elle a subsisté.

Ce qu’il reste aujourd’hui n’est qu’une partie très réduite du complexe de la ville. A son apogée, les murs entourant la ville devaient faire 3 km de long.

Encore des Moineaux

Il y a une autre histoire à propos des Moineaux de Wroxeter qui est aussi racontée dans d’autres villes romaines.

Les Barbares tentèrent en vain d’assiéger la ville jusqu’à ce que leur vienne une idée brillante. Ils installèrent des filets et attrapèrent tous les moineaux des environs. Ils attachèrent des allume-feu à la queue des pauvres oiseaux et les lâchèrent. Les moineaux atterrirent sur la ville, mettant les bâtiments en feu. Tandis que les défenseurs essayaient d’éteindre le feu, les envahisseurs prirent possession de la ville.

Sur les tuiles

Les tuiles que les moineaux sont tellement enclins à emporter sont inspirées de celles que les Romains auraient utilisées. Elles sont épaisses et fabriquées avec une argile rouge et lourde, c’est d’autant plus miraculeux que les moineaux puissent les voler!

Ils ne pouvaient pas s’en passer

Les Romains sont réputés pour avoir introduit le loir en Grande-Bretagne, qu’ils apportèrent comme nourriture. Les loirs étaient un mets très délicat. Ils étaient engraissés au grain, puis tués et cuisinés marinés dans du miel.

Les Romains introduisirent également beaucoup d’autres choses. Il y eut le raisin, bien sûr. Les Romains ne pouvaient se passer de leur vin, même s’ils en importaient également. Ils apportèrent d’autres plantes pour compléter la maigre alimentation britannique, les cerises, les noix, les mûres et les néfliers. (Les néfliers portent de petits fruits qui ressemblent à des pommes sauvages, qui, bizarrement sont immangeables avant qu’ils n’aient commencé à pourrir). Le sureau fut apporté comme herbe à pot, mais quelqu’un a dû casser le pot qui la contenait ! Aujourd’hui, il est la bête noire dans la vie de plus d’un jardinier, du fait qu’il infeste le gazon et qu’il est très difficile de s’en débarrasser.

Les légumes dont les Romains ne pouvaient se passer étaient les petits pois, les fèves, les radis et le céleri. Ils introduisirent également le pavot somnifère et la belladone pour utilisation médicinale. Cependant, je ne goûterais ni à l’un ni à l’autre si j’étais à votre place : la belladone est davantage susceptible de tuer que de guérir.

D’autres plantes arrivèrent avec les Romains, mais pas nécessairement volontairement. Les graines peuvent très bien être arrivées sur les vêtements des soldats ou dans leur paquetage. Elles auraient également très bien pu arriver alors qu’elles germaient avec les plantes introduites à dessein. Ces introductions comprenaient la bardane, le souci, la vesce et la mauve commune, toutes ces plantes que nous considérons comme partie intégrante du paysage britannique.

Si vous alliez dans un pays étranger, que rapporteriez-vous – avec l’autorisation des douaniers?


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