Le Bouton du Renard

Peut-être connaissez-vous les histoires de Reynard ; elles sont racontées dans les pays du nord. Elles racontent sa ruse et sa roublardise, mais aussi son habileté et sa noblesse.

Maintenant, je vais vous raconter comment, même dans la mort, il se moqua une dernière fois de ces chiens lourdauds.

Reynard était vieux, sa rapidité s’était amoindrie et sa résistance déclinait. Il avait pleinement conscience que ce n’était qu’une question de temps que les chasseurs aient raison de lui. Il pouvait, bien sûr, essayer d’éviter la chasse, mais il savait qu’ils n’auraient de cesse de revenir encore et encore, jusqu’à ce qu’ils le dénichent pour lui voler son panache. Il voulait rire le dernier de ces démons roux.

Ce jour-là, lorsqu’il entendit les jappements des chiens et les plaintes des cors, il sut que son heure était venue. Il les attira et courut et, alors qu’il courait, il se sentit rajeuni. Il entraîna ces chiens dans une joyeuse danse sur la colline ondoyante et dans la vallée humide et froide.

Il commençait à fatiguer lorsqu’il vit Hawkstone devant et il décida promptement de ce que serait son avenir. Il courut tout droit, comme une flèche vers le sommet de la colline, ralentissant pour permettre aux chiens de lui coller aux talons.

Il courut vers le bord de la falaise, et plus loin encore. Les chasseurs ne prendraient aucun plaisir à cette tuerie. Tout en tombant, il regarda autour pour voir s’il avait également emmené avec lui quelques-uns de ses poursuivants dans leur ultime voyage.

Hélas, le pauvre Reynard gisait mort au pied de la puissante falaise rouge.

Triste fin ? Mais non.

Il laissait une grande famille ; tous bien éduqués, tenant haut le flambeau et vivant avec sa mémoire.



Le Bouton du Renard est une saillie rocheuse en grès dans le Hawkstone Park & Follies, au nord du Shropshire.

Une description de Hawkstone écrite en 1832 décrit le bouton et sa légende :

LE BOUTON DU RENARD

Une masse rocheuse altière et isolée, dont le nom est inspiré de l’histoire d’un renard, qui, il y a quelques années, sauta depuis son sommet dans la vallée au-dessous, alors qu’il s’y trouvait aculé par une horde de chiens à renards : la chute coûta sa vie à Reynard, ainsi qu’à quelques-uns des chiens qui le poursuivaient. Ce morceau de roche détaché est de forme pyramidale et est somptueusement revêtu d’arbres et de lierre, dont les racines sont enchevêtrées en un millier de formes fantastiques.

Le nom ‘Le Bouton du Renard’ était usité dès 1784.

Hawkstone Park & Follies

En 1774, le Dr Johnson, le célèbre lexicographe, d'esprit étincelant et loquace, écrivit ‘ses perspectives, l’abomination de ses ombres, l’horreur de ses précipices, la verdure de ses creux et l’arrogance de ses rochers … en haut, c’est l’altitude inaccessible, en bas, c’est l’horrible profondeur.’

Il n’était qu’un des visiteurs des Georgian Pleasure Gardens, probablement le plus connu de tous. Le parc fut à l’origine créé autour de 1748 par Sir Rowland Hill, lorsqu’il acquit le Red Castel pour l’apporter à son patrimoine. La première carte du tracé de la promenade date de 1752.

Le parc conserva sa popularité pendant de nombreuses années, mais au début du 20ème siècle, il fut négligé et oublié par tous, hormis quelques personnes des environs. En 1990, les propriétaires du Hawkstone Park Hotel adjacent achetèrent le parc et entreprirent un ambitieux programme de restauration. Après beaucoup de dur labeur, le parc fut rouvert au public en 1993.

Hawkstone Park and Follies, agréablement restauré et mis en valeur en de nombreux nouveaux aspects, est un endroit à ne pas manquer lors d’une visite du Shropshire. On pourrait décrire de long en large toutes ses caractéristiques, mais il est probablement mieux de vous conseiller de relire les citations du Dr Johnson ; si vous aussi, vous souhaitez connaître une telle appréhension, alors allez visiter Hawkstone.

Les légendes

La légende raconte que le Roi Arthur vivait jadis dans les environs et maintes histoires le confirment.

Deux géants, Tarquin & Tarquinus, vivaient au Red Castel (ils ont inspiré le nom de la tour en ruine, le ‘Giant’s Well‘ (Puits du Géant’)). Leur frère, Sir Caradus, était un grand guerrier. Il faisait régulièrement le tour du pays pour enlever les chevaliers et les libérer contre une rançon. Lorsque les chevaliers du Roi Arthur, Lancelot et Tristram, apprirent qu’il avait capturé leur ami de la Table Ronde, Sir Gawain, ils décidèrent de passer à l’action. Lorsqu’ils rattrapèrent Sir Caradus, à Killyards, près de Weston Church, Lancelot et Caradus entrèrent dans un combat épique au cours duquel, après beaucoup de temps et d’effort, Lancelot ressortit triomphant et Gawain fut libéré.

Dans une autre histoire, les géants, Sir Edward et Sir Hugh, habitent le château. Ils dupent une dame et l’emprisonnent sur le ‘Raven's Shelf’ (Saillie du Corbeau) (une autre proéminence rocheuse en grès). Un autre des chevaliers d’Arthur, Ewaine, décide que sa prochaine aventure sera de libérer la ‘Dame de la Roche’.

Il essaie la manière diplomatique et invite les géants, Edward et Hugh à négocier. Hélas, lorsque la rencontre a lieu, les géants amènent avec eux 100 combattants. Ewaine, toujours plein d'entrain, dit qu’il accepte le défi, mais la dame interdit une aventure si téméraire. Ewaine fait un compromis en invitant les deux frères géants à une bataille. Cinq heures plus tard, bien que blessé, Ewaine tue Sir Edward et Sir Hugh capitule et accepte de rendre sa liberté et son argent à la dame. Il promet également d’aller auprès du Roi Arthur pour établir une paix durable.

Il y une autre longue légende de chevaliers d’antan au sujet d’un certain Fulk FitzWarin. Bonne lecture en anglais!

Les Digitales

La fleur sur l’image est la digitale laineuse (Digitalis lanata). La digitale fut longtemps utilisée comme remède populaire dans le Shropshire. Les feuilles de digitale étaient placées dans les chaussures des enfants pour prévenir la scarlatine. Les feuilles étaient aussi un ingrédient important dans le remède traditionnel contre l’hydropisie. Ceci conduisit à une découverte médicale majeure. En 1775, William Withering observa ce remède traditionnel du Shropshire et décida que l’ingrédient le plus important du remède était les feuilles de digitale. Il commença à faire des expériences et, au bout d’environ 10 ans de recherche, il conclut que les feuilles avaient 'un pouvoir sur les battements du cœur à un degré non encore observé chez aucun autre médicament'. Les digitales sont aujourd’hui utilisées comme médicament moderne pour les gens dont les problèmes cardiaques nécessitent un traitement.


Translation: Euro Langues Assistance & Tradufrance

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