Edric, l’Eternel Cavalier

On dit que chacun a son moment de gloire. Si cela est vrai, Edric l’Impétueux en eut plus que sa part, et cela dure encore de façon assez régulière. Les gens crédules d’ici peuvent encore voir son apparition spectrale lorsque ses terres autour des Stiperstones sont menacées.

Edric ne fut pas toujours impétueux. A l’époque précédant la conquête normande, le seigneur saxon menait une vie simple et tranquille. Ce ne fut que lorsque Guillaume, le conquérant normand, envoya ses hommes pour prendre à Edric ses richesses et ses biens qu’Edric se mit en colère.

Il semble avoir réussi de façon assez surprenante à garder les mains sur ses richesses. Il est difficile de trouver une preuve quelconque d’une seule défaite que lui auraient infligée les envahisseurs normands.

En fait, Guillaume en arriva à une sorte de trêve avec Edric. Vers 1070, Edric semble avoir aidé le Conquérant dans sa tentative de vaincre les Ecossais.

Mais ces deux grands hommes n’entretinrent pas des relations de confiance à long terme. Nous savons que seulement quelques années plus tard, Guillaume enrôla Ralf de Mortimer pour amener Edric sous son contrôle.

Selon nos connaissances, Edric conserva toutes ses terres tant qu’il fut vivant mais elles ne passèrent pas dans les mains de ses héritiers.

Nul ne sait comment il mourut. Certains disent qu’il mourut en prison, d’autres qu’il fut tué au cours d’une bataille, d’autres encore qu’il vécut jusqu’à un âge avancé avant de connaître une mort naturelle. Une légende des plus romantiques raconte qu’il mourut de chagrin à la disparition de son enchanteresse épouse, Godda.

Tout au long de sa vie, il protégea résolument ses terres de tout Normand ou de tout hors-la-loi ou maraudeur gallois osant tenter une attaque. Il brûla ses ennemis dans le feu de la bruyère et noya ses autres ennemis dans les tourbières traîtresses.

Tous les gens qui connaissent son nom vous diront qu’il est toujours là et guette au cas où quelqu’un s’aventurerait à attaquer les Stiperstones.

Les villageois aux alentours de ces collines balayées par les vents savent qu’ils peuvent dormir sur leurs deux oreilles grâce à la présence continuelle d’Edric l’Impétueux, prêt à les protéger.



Les Stiperstones
photo: Gordon Dickins
Les Stiperstones est l’un des endroits les plus sauvages du Shropshire. Ses pics de quartzite blancs et lugubres sont battus par des vents glaciaux même pendant l’été. En hiver, avec la neige et la pluie froide et pénétrante, l’endroit peut être très inconfortable. En dépit de cela, il est pourvu d’une beauté naturelle très particulière et il a été désigné Réserve Naturelle Nationale sur plus de 400 hectares.

La géologie des Stiperstones

Les saillies de roche de quartzite témoignent des sables brûlés de la plage d’une mer remontant à environ 500 millions d’années. Les collines ont été érodées par le vent et la pluie mais le travail sculptural le plus spectaculaire eut lieu lorsque des plaques de glace roulèrent sur cette région, il y a 15 000 ans, pendant la dernière ère glaciaire.

Pas aussi remarquables que les rochers mais, comme certains le diraient, ayant exercé une plus grande influence dans l’histoire des hommes de ces collines, il y a les Mytton et Tankerville Flags (flag signifie dalle – ndt), qui sont des formations rocheuses contenant des veines de minéraux. Nous savons que les Romains exploitaient le plomb contenu dans ces roches et depuis lors, l’industrie minière a toujours façonné les collines.

Dans les Stiperstones, on peut trouver des vestiges de l’exploitation minière partout. La plupart des puits ont été bouchés mais il faut faire attention lorsqu’on marche dans les collines. Autour du petit village de Snailbeach, de nombreux bâtiments datant des mines de plomb subsistent, comprenant les vestiges d’une ligne de chemin de fer et une cheminée d’une hauteur impressionnante, ‘Old Tom’ (Vieux Tom).

Flore et Faune

Les collines recouvertes de bruyère et de fougères constituent un habitat naturel pour les tétras, les corbeaux et les pipits des prés. De petits groseilliers rampants prospèrent autour des rochers. On peut trouver à profusion des ajoncs ou des myrtilles, des mûres et des airelles. Bien que l’un des rochers soit appelé le ‘Cranberry Rock’ (Rocher de Canneberge), vous n’y trouverez pas de canneberges, 'canneberge’ est probablement une appellation locale pour les myrtilles.

Pour faciliter l’entretien de la lande, des zones de bruyère sont brûlées en hiver. L’objectif est de brûler les vieilles pousses ligneuses et d’encourager de nouvelles pousses à devenir de jeunes plantes saines. Ceci est très étroitement surveillé, avec de petites zones brûlées chaque année. Le procédé est appelé ‘Brûlage par rotation’ et est une manière traditionnelle d’entretenir les terrains de chasse.

Cependant, les feux en d’autres périodes peuvent être extrêmement dangereux. Par un été sec, une cigarette jetée ou la braise d’un feu peut s’enflammer et se propager à de vastes étendues de bruyère et embraser de façon incontrôlée les pentes, sous l’action des vents variables. Ceci non seulement cause de gros dommages à la flore, qui peut mettre six ans ou plus à réparer les effets d’un incendie intempestif, mais peut également être catastrophique pour les oiseaux et les animaux.

Les légendes des Stiperstones

Maints écrivains et poètes furent inspirés de saisir leur plume lorsqu’ils visitèrent les Stiperstones. Le plus remarquable d’entre eux est probablement Mary Webb dont le roman ‘Gone To Earth’ utilise les collines comme toile de fond.

Les gens de là-bas connaissent de nombreux contes parlant de sorcières, de démons et de fantômes qui hantent ces collines. On dit que lorsque la brume est tenace autour de la Devil’s Chair (Chaise du Diable) (l’un des rochers), Satan et un groupe de sorcières se rencontrent et fomentent de mauvaises actions.

Il existe beaucoup d’autres légendes d’Edric l’Impétueux et de sa merveilleuse épouse, Lady Godda. Les gens d’ici expliquent les grondements provenant des puits miniers en racontant qu’Edric est emprisonné dans les mines de plomb pour avoir fait la paix avec Guillaume le Conquérant.

Il y a de nombreuses légendes qui racontent comment la Chaise du Diable est arrivée là. Le Diable portait des rochers dans son tablier pour remplir une vallée appelée ‘Hell’s Gutter’ (Ruisseau de l’Enfer) mais il faisait trop chaud, même pour lui. Il s’assit pour se reposer et lorsqu’il se remit sur ses pieds, les cordes de son tablier se rompirent et les rochers tombèrent en pile sur le sol. Il jura et maudit les rochers, puis s’en retourna chez lui en laissant les rochers là où ils étaient tombés.

Une autre légende dit qu’une géante vint voler les rochers. Elle amassa des piles de rochers dans son tablier et essaya de les rapporter chez elle. Mais surgit le Diable qui se rua sur elle et coupa les cordons de son tablier avec ses griffes. Les rochers tombèrent à terre et la géante s’enfuit pour ne jamais revenir. Depuis ce jour, le Diable revient ici pour s’asseoir sur les rochers et surveiller les environs, en quête du mal qu’il pourrait faire. Véridique ou non, on dit que les rochers de la Chaise du Diable sentent le soufre!


Translation: Euro Langues Assistance & Tradufrance

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